Une étude reconnaît l’utilité de la naturopathie pour prévenir les maladies cardiaques

Voici une étude qui devrait mettre du baume au cœur des naturopathes, mal considérés en France par la médecine classique. La consultation d’un naturopathe permettrait en effet de réduire la prévalence du syndrome métabolique, un facteur de risque de maladie cardiaque, de 17% sur un an, si l’on en croit les résultats d’un essai contrôlé randomisé.


Le syndrome métabolique est une condition qui englobe au moins trois des anomalies suivantes :


- Une obésité avec indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m² .


- Un tour de taille supérieur à 102 cm chez l'homme, 88 cm chez la femme (avec un rapport tour de taille sur tour de hanches supérieur à 0,85 pour une femme et 0,9 pour un homme)


- Un excès de triglycérides : plus de 1,45 g/l


- Un taux de cholestérol HDL bas (<35 mg/dl chez l'homme et < 40 mg/dl chez la femme)


- Une hypertension artérielle (plus de 140 mm Hg pour la pression systolique et plus de 90 mm pour la pression diastolique)


- Une glycémie à jeun supérieure à 1,10 g/l


Les chercheurs ont recruté à 3 sites d'étude (Toronto, Vancouver et Edmonton) 246 membres du syndicat canadien des postiers pour qu’ils participent à un essai clinique d'un an afin de déterminer si des conseils de mode de vie donnés par les naturopathes peuvent aider à réduire le risque de maladie cardio-vasculaire. De l'échantillon initial, 207 personnes ont terminé l'étude.


Le groupe témoin a reçu des soins et conseils classiques tandis que le groupe d'intervention bénéficiait des mêmes soins, avec en plus des conseils de naturopathie qui ont été donnés à 7 reprises au cours de l'étude. Les naturopathes ont fait des recommandations alimentaire et donné des conseils mode de vie afin que les patients perdent 2,3 à 4,2 kg grâce à une diminution des calories, grâce aussi à de l'exercice physique régulier ainsi que des produits diététiques et des compléments alimentaires (oméga-3, fibres solubles, coenzyme Q10 et autres).


Les résultats ont porté sur l’évolution de la prévalence du syndrome métabolique et la réduction du score Framingham de risque cardiovasculaire sur 10 ans, un score utilisé pour estimer le risque de maladie cardiaque. Ce score Framingham prend en compte l’âge, le sexe, le cholestérol total, le cholestérol HDL, le tabagisme, la pression artérielle.


Par rapport aux valeurs de base, le groupe « naturopathie » a été amélioré après un an, alors que la situation dans le groupe témoin s'est détériorée.


La prévalence du syndrome métabolique a été réduite de 17% sur un an dans le groupe « naturopathie » par rapport au groupe de contrôle. Le risque de maladie cardiovasculaire selon le score Framingham a aussi diminué.


Les auteurs écrivent que leur étude montre que « la naturopathie est un complément réalisable et potentiellement efficace aux soins médicaux habituels pour réduire l'incidence du syndrome métabolique et le risque cardiovasculaire. »


Dans un éditorial associé, le Dr Matthew Stanbrook, rédacteur en chef adjoint du Canadian Medical Association Journal écrit que ces résultats « apportent la preuve que certains aspects de la prévention cardiovasculaire pourraient (…) être déléguées à des naturopathes. (…) Les éléments de base de l'intervention naturopathie incluent plusieurs recommandations sur l'alimentation et l'exercice qui individuellement ont été bien validés scientifiquement. »


Source: 

D. Seely, O. Szczurko, K. Cooley, H. Fritz, S. Aberdour, C. Herrington, P. Herman, P. Rouchotas, D. Lescheid, R. Bradley, T. Gignac, B. Bernhardt, Q. Zhou, G. Guyatt.Naturopathic medicine for the prevention of cardiovascular disease: a randomized clinical trial.Canadian Medical Association Journal, 2013.

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